Le nom et l’identité de Projet Popcorn suscitent beaucoup de réactions. Certains adorent, d’autres semblent vraiment perplexes de mon choix. Moi, je me suis vite attachée. C’est que l’Univers m’a envoyé un signe que je n’ai pas pu ignorer. L’histoire ici.
À l’école primaire et secondaire, j’ai eu la chance d’avoir de la facilité en sciences et en mathématiques. J’ai donc pris la voie des cours enrichis et des sciences « dures » sans trop me demander si ça me correspondait. J’étais pourtant très attirée par les sciences « molles » comme la philo ou l’écriture. Mais, on me disait que ce n’était pas payant et que j’allais finir par faire un doctorat si je choisissais les sciences humaines. Alors, jeune adulte, j’ai poursuivi avec les sciences pures. Valait mieux rester dans le connu.
Ayant un grand besoin de validation externe – écrivez-moi si vous n’en avez pas – j’ai été fortement influencée par mon père pour le choix de ma carrière. Son rêve, c’était d’être ingénieur. Il m’a poussée vers ça. Je me suis inscrite à Polytechnique Montréal même si je n’avais aucune idée de ce que faisait un ingénieur.
Eh bien, j’ai poché trois cours sur cinq la première session. J’haïssais ça. Je ne me retrouvais pas, j’avais aucun élan. Mes amis étaient certains que j’allais lâcher. J’ai fini par me rendre à mi-parcours et je me suis dite : « Finis donc ton bacc tant qu’à faire…». Je n’avais aucune idée vers quoi me diriger autrement.
Lorsqu’on a pu choisir notre concentration, j’ai opté pour « Environnement », parce que ça m’apparaissait plus sexy que « Pétrochimie » ou « Pharmaceutique » et parce que j’avais des colocs écolos. Il faut aussi préciser que je venais de lire Mal de Terre d’Hubert Reeves, lecture clé qui m’avait fait vivre mes premières crises d’écoanxiété, même si le mot n’existait pas encore. Ça a été mon éveil environnemental. J’en parle d’ailleurs dans mon article Éduquer c’est bien, changer les comportements c’est mieux.
Les années suivantes, j’ai littéralement gossé1 ma famille avec mes stratégies d’éducation environnementale. Ça ne marchait évidemment pas. J’étais très frustrée car je ne me sentais pas prise au sérieux quand je parlais d’urgence et de danger.
Heureusement, mes notes se sont améliorées dans cette concentration « Environnement ». Et j’ai fini par m’inscrire aux cycles supérieurs dans un groupe de recherche qui m’a servi de communauté pendant dix merveilleuses années. J’étudiais l’impact écotoxique des contaminants métalliques dans les sols. J’étais un rat de laboratoire, mais je vous assure que j’ai largement savouré mes années en sarrau blanc à écouter la radio pendant que je préparais mes erlenmeyers. Et, croyez-le ou non, j’ai fini par faire un doctorat…
L’entrée dans la complexité humaine
À ma graduation, incertaine de vouloir poursuivre vers une carrière de prof universitaire, j’ai accepté un poste dans un nouveau regroupement de chercheurs qui avait pour but d’opérationnaliser le développement durable (DD). C’était pratique car je pouvais rester avec les mêmes collègues et je pouvais enfin rembourser mes dettes d’études.
Pour mes collègues et moi, opérationnaliser le DD, ça signifiait réunir plusieurs expertises autour d’une même table afin de solutionner des problèmes complexes en mode co-construction. Je souligne qu’en 2013, cette approche était avant-gardiste.
En théorie, la co-construction en interdisciplinarité était fascinante. J’ai même voulu en faire un post-doctorat. Mais en pratique, c’était l’enfer. J’ai appris à la dure que mettre en place les conditions favorables au sein d’une équipe hétéroclite est un art sous-estimé.
C’est à ce moment que mon intérêt pour les sciences humaines a refait surface. Je me suis demandée ce qui faisait que certains projets multi-acteur fonctionnaient ou pas. J’ai eu besoin d’aller chercher de nouvelles compétences et de développer mon savoir-être. Je me suis donc formée dans diverses approches d’intelligence collective. J’ai fait mes premières retraites de méditation Vipassana et j’ai eu ma première formation en communication consciente (aka empathie). Ça a été le début d’un grand virage personnel et professionnel. Je venais de trouver un sens à ce que je faisais. Je voulais comprendre comment l’humain s’engage et passe à l’action.
Mon parcours a ensuite été hachuré pendant quelques années. J’ai eu besoin de quitter le milieu environnemental pour explorer des approches alternatives. Le chaos de l’arrivée d’un enfant combiné à une pandémie a freiné cette voie. Après quelques contrats en transition écologique, on m’a approchée pour devenir cheffe scientifique d’une organisation qui s’intéressait au facteur humain du passage à l’action climatique. J’avais trouvé mon match. Pendant trois ans, j’ai pu étudier la communication environnementale et climatique et plonger dans les sciences comportementales pour trouver des pistes qui pourraient nous sortir du statu quo collectif.
Sauter dans le vide
Début 2025, j’ai pris la décision de quitter l’organisation. L’envie de démarrer mon entreprise cogitait depuis un certain temps mais j’avais la chienne. Après une petite pause pour mettre en lumière mes croyances limitantes qui m’empêchaient de me lancer, j’ai finalement décidé de faire le saut.
Je savais que la mission de mon entreprise allait servir à la transformation sociétale vers des valeurs d’interdépendance humain-humain et humain-nature. Il fallait maintenant créer mon image. Je voulais m’éloigner du vert et des papillons et avoir mon univers déjanté.
Un soir de théâtre avec une amie, j’ai demandé à l’Univers de m’envoyer un signe pour le choix du nom de mon entreprise. J’avais déjà quelques idées et popcorn était du lot. On marchait dans Hochelag pour se rendre à notre pièce lorsqu’une voiture est passée devant nous. Ça a fait un gros « POP! ». On était sures que le gars avait une crevaison. Mais non… En s’approchant d’où il venait de passer, on a vu un sac sur la chaussée. Avec une illustration d’épis de maïs.
Je ca-po-tais.
C’est ainsi que Popcorn m’a été livré sur un plateau d’argent et que j’ai décidé d’assumer mon côté bizarre et déjanté.
Mais sortir du lot avec Popcorn sur Google, c’est pas gagnant. Alors Projet Popcorn s’est imposé. Après tout, mes clients ont tous envie que leur projet poppe. Et moi, je peux les aider à les faire éclater.
Et pas juste par des intenventions éducatives. Parce que j’en suis très critique, même si j’ai en moi un petit côté « maitresse d’école »… J’en parle dans mon prochain article justement! Pas de la maitresse d’école en moi, mais bien des interventions de type information-sensibilisation-éducation.

